Paris le 24/07/2026
Mise à jour en juillet 2026, l'étude réalisée par Blandine Vue, docteur ès lettres, spécialiste reconnue de l'histoire des paysages et lauréate de la Fondation Nicolas Hulot, confirme, à partir des propres documents de l'administration, que la destruction d'espèces protégées est parfaitement connue des autorités, sans empêcher l'autorisation de nouveaux parcs éoliens.
Fondée exclusivement sur des sources officielles – arrêtés préfectoraux, rapports de la DREAL, données Géorisques, avis de la Mission régionale d'autorité environnementale (MRAE), observations de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et d'ODONAT –, elle constitue une référence documentaire exceptionnelle et rassemble méthodiquement l'ensemble des éléments administratifs relatifs aux mortalités d'oiseaux imputées aux parcs éoliens en Haute-Marne.
À notre connaissance, aucun document officiel n'est venu remettre en cause les principaux constats de cette étude, qui demeure aujourd'hui une référence pour comprendre les conséquences de l'implantation des éoliennes sur l'avifaune.
Le bilan qu'elle établit est particulièrement préoccupant : 34 Milans royaux officiellement tués, mais également un Balbuzard pêcheur, plusieurs Milans noirs, des Buses variables, des Faucons crécerelles ainsi qu'un nombre important de chauves-souris. L'étude souligne en outre que ces chiffres sont probablement sous-estimés, les campagnes de recherche étant limitées dans le temps et une partie des cadavres disparaissant avant tout constat officiel sous l'action des charognards.
Ces destructions ne relèvent pas d'accidents isolés. Elles sont consignées dans les rapports de l'administration, conduisent à des arrêtés préfectoraux imposant des mesures de bridage, à des inspections de la DREAL et parfois à des mises en demeure d'exploitants pour non-respect des prescriptions environnementales. Les pouvoirs publics disposent donc, depuis plusieurs années, d'une connaissance précise de ces impacts.
Pourtant, de nouveaux projets continuent d'être instruits ou autorisés dans des secteurs écologiquement sensibles, parfois au cœur de couloirs migratoires ou à proximité de sites Natura 2000. Les dispositifs de détection et de bridage, régulièrement présentés comme la réponse au problème, n'ont manifestement pas permis d'empêcher les mortalités officiellement recensées.
Pour la Fédération Environnement Durable, cette étude dépasse largement le seul département de la Haute-Marne. Elle pose une question de portée nationale : comment l'État peut-il affirmer faire de la protection de la biodiversité une priorité tout en poursuivant le développement d'installations dont les propres dossiers administratifs reconnaissent qu'elles détruisent des espèces strictement protégées ?
La Fédération Environnement Durable demande la suspension de toute nouvelle autorisation de parc éolien dans les secteurs accueillant des espèces protégées, tant que les impacts réels sur la biodiversité n'auront pas été pleinement évalués.
La protection de la biodiversité ne peut être un principe à géométrie variable. Lorsqu'une politique publique conduit, année après année, à la destruction d'espèces que la loi protège, les pouvoirs publics ont le devoir d'en tirer toutes les conséquences.